Quand j'étais gamin, j'entendais souvent un de mes parents lâcher cette affirmation péremptoire et définitive sur la marche du monde en général, de la société en mode mineur, et de la maisonnée en particulier: "il y a vraiment des coups de pieds au cul qui se perdent!!". Intangible signification de l'exaspération croissante face à quelque chose, quelqu'un, qui n'allait pas droit, voire qui n'allait pas du tout, dans le sens d'avancer, de poursuivre son chemin.
Quand mon grand-père est décédé, le prêtre en mal d'inspiration et d'originalité ce jour-là, fit une oraison funèbre principalement centrée sur une phrase qui, n'aurait été le lieu consacré dans lequel nous nous trouvions, m'aurait fait éclater de rire: "Il a tracé son sillon....". En même temps, hein, pour un viticulteur, c'est la base de la base de le tracer son sillon. J'avais trouvé que l'allégorie manquait de panache, même si elle était frappée au coin du bon sens. Vous croyez que l'ancêtre avait reçu des coups de pied au cul pour le tracer son sillon? J'avoue ne rien en savoir.
Des coups de pieds au cul, j'en ai reçu quelques uns: fais du sport, va couper du bois, va étendre la lessive, débarasse la table, va étudier loin, ne pars pas à l'étranger, éloigne toi de ta famille (danger ambulant), reviens, repars, sois heureux, sois libre, obéis.... Enfin, toute la panoplie habituelle, rien d'exceptionnel.
Puis, assez rapidement, est venu le jour où j'ai moi-même commencé à me donner des coups de pied au cul... pour "tracer mon sillon", pour avancer un peu de manière "constructive", en donnant l'impression de savoir où j'allais, d'avoir un plan général qui, me donnant un objectif, me montrait le chemin.
Le domaine dans lequel j'ai dû me donner des coups de pied au cul le plus rapidement, c'est bien entendu le cul... ou plutôt la vie sentimentale. Coeur d'artichaut au premier abord, le premier coup de pied au cul fut pour entrer dans une boîte gay. Le genre de souvenir que l'on garde toute sa vie, qui aujourd'hui peut faire sourire, mais qui à l'époque était empreint d'une grande solitude et d'un grand désarroi. Personne ne m'avait accompagné sur ce chemin là.
Et au fur et à mesure des ans, les coups de pied au cul se sont enchaînés et parfois déchaînés: le départ en Angleterre, chaque acte de vie sur place, le retour en France, les débuts d'une vie parisienne digne du "Petit Chose".... Jusqu'à la rencontre avec O.
Pendant 8 ans et demi, j'ai trouvé quelqu'un d'autre pour me foutre des coups de pied au cul. C'est intéressant d'avoir quelqu'un pour cela: ça permet de les accepter ou non, d'envoyer chier la personne quand les coups de pied font trop mal, de se cacher derrière quand on n'a plus envie d'en recevoir, de faire les yeux doux aux coup de pied au cul, en quelques sortes. Et Dieu sait qu'O était très fort à tous ces jeux-là, sachant exactement quand il fallait en mettre et quand il valait mieux se retenir, un as du shoot aux fesses, atteignant presque immanquablement son but. Le seul truc, je pense, c'est que tous ces coups de pied au cul m'ont fait avancer sur un chemin qui n'était pas forcément le mien... et je ne m'en suis aperçu que huit ans et demi plus tard.
Les derniers six mois de notre vie ont été plus difficiles. Je refusais tous les coups de pied au cul, il n'osait plus en donner, la mécanique était grippée, plus d'avancée, plus de progrès, on tournait en rond.
Depuis que j'ai "repris mon indépendance", c'est à moi de me mettre des coups de pied au cul. Dès le départ, je me suis aperçu que ce ne serais pas chose facile, je découvre pourquoi au fur et à mesure. J'ai des amis fantastiques qui ne me mettent pas de coup de pied au cul et sont là lorsque le moteur cale. Globalement, la dynamique revient au fur et à mesure. Des fois la machine tourne à plein, des fois elle s'enraye, des fois elle s'arrête. Ces moments-là sont les plus difficiles, bien entendu, puisqu'alors ressurgit toute la solitude de l'être.
Bang, je démarre ce blog.
Bang, je quitte O.
Bang, je trouve un appart.
Bang, je sors tout seul le soir de Noël.
Bang, je fais une soirée entre inconnus.
Bang, je tombe au fond de la Vallée du désespoir.
Bang, je remonte la pente petit à petit
Bang, je recommence à fréquenter les garçons sensibles
Bang, je participe à une super soirée, hyper méga géniale (water water everywhere, but not a drop to drink)
Bang, bang, bang, bang....
Et les coups de pied au cul pleuvent comme à gravelotte, la différence, c'est que cette fois-ci, ils viennent tous de moi. D'ailleurs, quand d'autres essaient de m'en donner, j'ai une espèce de résistance naturelle qui se met immédiatement en place et des réactions imprévisibles et surprenantes.
Il n'en reste pas moins que c'est vachement difficile de se mettre des coups de pied au cul tous les jours et que, même dans ce domaine, procrastiner vient comme une seconde nature. Parfois, la simple envie de ne pas le faire surgit dans mon esprit et prend de telles proportions qu'il n'y a qu'une seule solution pour sortir de l'inertie: un bon coup de pied au cul.
Egalement, j'aimerais bien pouvoir avancer sans que cela passe par des coups de pied au cul, paisiblement quoi, sans angoisse, en prenant la vie comme elle arrive.
Mais j'ai toujours l'impression d'avoir un coup de pied au cul de retard.
Bang, un coup de pied au cul pour parler au garçon qui me plaît.
Bang, un coup de pied au cul pour aller à sa rencontre.
Bang, un coup de pied au cul pour le laisser exister.
Bang, un coup de pied au cul pour se remettre la tête à l'endroit.
Stratégiquement, il faudrait choisir ses coups de pied au cul, parce qu'à force d'en recevoir dans tous les sens, ils finissent par s'annuler les uns les autres, ou plutôt par se neutraliser les uns les autres.
Bang, un coup de pied au cul pour changer de boîte?
Bang, un coup de pied au cul pour changer de vie?
Bang un coup de pied au cul pour arrêter de se prendre la tête?
Bang un coup de pied au cul pour arrêter de se foutre des coups de pied au cul?
Samedi, j'ai passé une soirée formidable, emplie de nouveautés, me mettant à portée d'un monde dont je ne fais pas (encore?) partie et qui brille pourtant par-là devant. Quelques coups de pied au cul bien placés pourraient m'y amener et peut-être le feront-ils, je vais laisser un peu de temps au temps. Globalement, toute la semaine dernière fut un gigantesque coup de pied au cul, sur beaucoup de plans.
Quelqu'un m'a dit récemment que je n'étais jamais satisfait. C'est parce que, comme au billard, j'essaye toujours de prévoir le coup de pied au cul suivant... il faut que je prenne les coups de pied au cul au fur et à mesure.
Quelqu'un d'autre m'a dit que le contraire du désespoir, ce n'est pas l'espoir, c'est l'action.... autrement dit, le coup de pied au cul.
Si vous avez perdu un coup de pied au cul, appelez-moi, il y a de grandes chances qu'il ait trouvé refuge à la maison.
Quand mon grand-père est décédé, le prêtre en mal d'inspiration et d'originalité ce jour-là, fit une oraison funèbre principalement centrée sur une phrase qui, n'aurait été le lieu consacré dans lequel nous nous trouvions, m'aurait fait éclater de rire: "Il a tracé son sillon....". En même temps, hein, pour un viticulteur, c'est la base de la base de le tracer son sillon. J'avais trouvé que l'allégorie manquait de panache, même si elle était frappée au coin du bon sens. Vous croyez que l'ancêtre avait reçu des coups de pied au cul pour le tracer son sillon? J'avoue ne rien en savoir.
Des coups de pieds au cul, j'en ai reçu quelques uns: fais du sport, va couper du bois, va étendre la lessive, débarasse la table, va étudier loin, ne pars pas à l'étranger, éloigne toi de ta famille (danger ambulant), reviens, repars, sois heureux, sois libre, obéis.... Enfin, toute la panoplie habituelle, rien d'exceptionnel.
Puis, assez rapidement, est venu le jour où j'ai moi-même commencé à me donner des coups de pied au cul... pour "tracer mon sillon", pour avancer un peu de manière "constructive", en donnant l'impression de savoir où j'allais, d'avoir un plan général qui, me donnant un objectif, me montrait le chemin.
Le domaine dans lequel j'ai dû me donner des coups de pied au cul le plus rapidement, c'est bien entendu le cul... ou plutôt la vie sentimentale. Coeur d'artichaut au premier abord, le premier coup de pied au cul fut pour entrer dans une boîte gay. Le genre de souvenir que l'on garde toute sa vie, qui aujourd'hui peut faire sourire, mais qui à l'époque était empreint d'une grande solitude et d'un grand désarroi. Personne ne m'avait accompagné sur ce chemin là.
Et au fur et à mesure des ans, les coups de pied au cul se sont enchaînés et parfois déchaînés: le départ en Angleterre, chaque acte de vie sur place, le retour en France, les débuts d'une vie parisienne digne du "Petit Chose".... Jusqu'à la rencontre avec O.
Pendant 8 ans et demi, j'ai trouvé quelqu'un d'autre pour me foutre des coups de pied au cul. C'est intéressant d'avoir quelqu'un pour cela: ça permet de les accepter ou non, d'envoyer chier la personne quand les coups de pied font trop mal, de se cacher derrière quand on n'a plus envie d'en recevoir, de faire les yeux doux aux coup de pied au cul, en quelques sortes. Et Dieu sait qu'O était très fort à tous ces jeux-là, sachant exactement quand il fallait en mettre et quand il valait mieux se retenir, un as du shoot aux fesses, atteignant presque immanquablement son but. Le seul truc, je pense, c'est que tous ces coups de pied au cul m'ont fait avancer sur un chemin qui n'était pas forcément le mien... et je ne m'en suis aperçu que huit ans et demi plus tard.
Les derniers six mois de notre vie ont été plus difficiles. Je refusais tous les coups de pied au cul, il n'osait plus en donner, la mécanique était grippée, plus d'avancée, plus de progrès, on tournait en rond.
Depuis que j'ai "repris mon indépendance", c'est à moi de me mettre des coups de pied au cul. Dès le départ, je me suis aperçu que ce ne serais pas chose facile, je découvre pourquoi au fur et à mesure. J'ai des amis fantastiques qui ne me mettent pas de coup de pied au cul et sont là lorsque le moteur cale. Globalement, la dynamique revient au fur et à mesure. Des fois la machine tourne à plein, des fois elle s'enraye, des fois elle s'arrête. Ces moments-là sont les plus difficiles, bien entendu, puisqu'alors ressurgit toute la solitude de l'être.
Bang, je démarre ce blog.
Bang, je quitte O.
Bang, je trouve un appart.
Bang, je sors tout seul le soir de Noël.
Bang, je fais une soirée entre inconnus.
Bang, je tombe au fond de la Vallée du désespoir.
Bang, je remonte la pente petit à petit
Bang, je recommence à fréquenter les garçons sensibles
Bang, je participe à une super soirée, hyper méga géniale (water water everywhere, but not a drop to drink)
Bang, bang, bang, bang....
Et les coups de pied au cul pleuvent comme à gravelotte, la différence, c'est que cette fois-ci, ils viennent tous de moi. D'ailleurs, quand d'autres essaient de m'en donner, j'ai une espèce de résistance naturelle qui se met immédiatement en place et des réactions imprévisibles et surprenantes.
Il n'en reste pas moins que c'est vachement difficile de se mettre des coups de pied au cul tous les jours et que, même dans ce domaine, procrastiner vient comme une seconde nature. Parfois, la simple envie de ne pas le faire surgit dans mon esprit et prend de telles proportions qu'il n'y a qu'une seule solution pour sortir de l'inertie: un bon coup de pied au cul.
Egalement, j'aimerais bien pouvoir avancer sans que cela passe par des coups de pied au cul, paisiblement quoi, sans angoisse, en prenant la vie comme elle arrive.
Mais j'ai toujours l'impression d'avoir un coup de pied au cul de retard.
Bang, un coup de pied au cul pour parler au garçon qui me plaît.
Bang, un coup de pied au cul pour aller à sa rencontre.
Bang, un coup de pied au cul pour le laisser exister.
Bang, un coup de pied au cul pour se remettre la tête à l'endroit.
Stratégiquement, il faudrait choisir ses coups de pied au cul, parce qu'à force d'en recevoir dans tous les sens, ils finissent par s'annuler les uns les autres, ou plutôt par se neutraliser les uns les autres.
Bang, un coup de pied au cul pour changer de boîte?
Bang, un coup de pied au cul pour changer de vie?
Bang un coup de pied au cul pour arrêter de se prendre la tête?
Bang un coup de pied au cul pour arrêter de se foutre des coups de pied au cul?
Samedi, j'ai passé une soirée formidable, emplie de nouveautés, me mettant à portée d'un monde dont je ne fais pas (encore?) partie et qui brille pourtant par-là devant. Quelques coups de pied au cul bien placés pourraient m'y amener et peut-être le feront-ils, je vais laisser un peu de temps au temps. Globalement, toute la semaine dernière fut un gigantesque coup de pied au cul, sur beaucoup de plans.
Quelqu'un m'a dit récemment que je n'étais jamais satisfait. C'est parce que, comme au billard, j'essaye toujours de prévoir le coup de pied au cul suivant... il faut que je prenne les coups de pied au cul au fur et à mesure.
Quelqu'un d'autre m'a dit que le contraire du désespoir, ce n'est pas l'espoir, c'est l'action.... autrement dit, le coup de pied au cul.
Si vous avez perdu un coup de pied au cul, appelez-moi, il y a de grandes chances qu'il ait trouvé refuge à la maison.
11 commentaires:
Sympa ce concept de pied au cul, je devrais y songer car c'est ce qu'il me faut :)
La vallée du désespoir en est un, elle aussi, à sa façon. Non ?
Un lent coup de pied dans les entrailles.
@Querelle: le pendule du volontarisme préside souvent à la prise en main de sa vie, avant de retourner du côté de l'immobilisme. La Vallée du Désespoir n'est pas un coup de pied au cul, c'est une lente descente aux enfers de soi-même, la seule qui permette soit de disparaître à jamais, soit de reprendre de l'élan pour revenir à l'existence. Le concept de "lent coup de pied dans les entrailles" et à la fois terrifiant et terriblement bien dit. Merci, Querelle, de me faire à la fois l'honneur et le plaisir
@l'éléphant : je ne te mettrai pas de coup de pied au cul, mais si tu souhaites poursuivre la voie ouverte samedi, tu sais ce que tu as à faire...
Si je comprends bien tu es prêt pour aller danser la techtonik....??? lol...
Ahhhh donc, je ne suis pas toute seule dans ce cas ...tu connais aussi lol ...
@La Girafe: acheter un camion entier de Smirnoff Ice? blague à part, tu as raison et c'est prévu au programme, je vais m'inscrire... Mais avant que cela ne commence, je pense qu'un petit dîner s'impose... partantes?
@Lance: je m'entraîne ardemment et je compte acquérir plus de souplesse dans le domaine :-)
@Melle: je pense que le club accueille le plus gand nombre d'adhérents possible :-)
Ta note me laisse tout pensif...
Il y a bien sûr plein de vrai dans ce que tu y écris. Ne pas savoir se donner de coup de pied au cul, c'est refuser de sortir de la photo, et... jaunir.
Mais d'autre part (et tu l'évoques aussi sur la fin) le régime du 'coup de pied au cul perpétuel', est-il viable sur la durée ? Ca fait avancer, c'est sûr... Mais qu'en est-il de l'état de nos pauvres fesses après plusieurs mois (années?) de ce régime...? A long terme, est-ce que ça ne finit pas par détraquer quelque chose quelque part...?
@Lancelot: c'est toutes les questions, mon cher Chevalier... trop ou trop peu, systématiquement, trop ou trop peu... de coups de pied au cul, de rencontres, d'amours, de sorties et de fêtes, d'amis... trop ou trop peu, n'oublions pas que je suis balance, en constant déséquilibre, à la recherche d'un délicat centre de gravité :-)
Bon, faut faire gaffe quand même; comme tu le disais, certains coups de pieds au cul, de soi-même ou d'autres personnes, peuvent pousser sur une voie que l'on regrette trop tard.
Remarque, moi, les coups de pieds au cul sont innefficaces la plupart du temps à cause de mes quatre freins hyper-puissants (vais songer à les faire breveter, d'ailleurs, lol)et chaque fois que je les ai lâchés, on ne peut pas dire qu'il en soit résulté quelque chose de vraiment positif.
si tu as des coups de pieds au cul en rab', j'en prendrai bien un syp !
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